Un peu d’histoire

C’est dans les années 1980 qu’un célèbre magazine publiait le non moins célèbre slogan « Le poids des mots, le choc des photos ». Quarante années plus tard, ce slogan est toujours d’actualité, les images nous parlent toujours autant.

Un long chemin a été parcouru pour que nous puissions les manipuler avec l’aisance actuelle.

En 1980, la photo numérique et le web n’existent pas. On commence tout juste à savoir mémoriser sur des disques d’ordinateurs le résultat d’un scanner d’ektas [1] placés sous huile pour éliminer les rayures … équipement qui pèse une tonne et capte chaque pixel individuellement à l’aide d’une mécanique de précision. Ce sont des équipements et des prix « industriels », imprimer une photo en quadri relève d’un processus complexe maîtrisé par les photograveurs et imprimeurs.

En 1990, le Macintosh IIfx et les premiers scanners à plat amorcent la révolution de la PAO. Scanner et retoucher une image devient plus rapide et accessible, Photoshop commence sa longue carrière.

Dans la foulée, apparaissent les premiers appareils photo numériques de qualité studio. Les nouvelles images n’ont plus à être scannées. Les premiers appareils photo numériques demandent 3 prises de vues successives pour obtenir chaque canal RVB, contrainte qui disparaît ensuite. La compression JPEG [2] apparaît et fluidifie le stockage et la circulation des images numériques.

En 2000, l’essentiel des photos sont numériques et les équipements sont devenus beaucoup moins onéreux. La qualité et les capacités des équipements ne cessent de s’améliorer.

L’imprimé a perdu le monopole de la publication, le web explose : on publie web et print, les notions « multicanal » puis « omnicanal » sont nées.

Du côté des imprimeurs, on passe du Postscript au PDF et la fabrication des films puis des plaques devient de plus en plus aisée : conversion quadrichromie (ou plus), retraits sous couleur, points de trame, CTP [3], etc. Tous ces sujets sont de plus en plus automatisés avec une qualité répétée. Les presses numériques variables apparaissent.

Le nombre de prises de vues est en croissance, et les studios photo sont amenés à gérer de plus en plus de décors, mannequins, matières et mises en scènes. Mais la 3D pointe le bout de son nez. En 2020, de très nombreuses photos sont en réalité des scènes virtuelles d’une qualité telle qu’il est impossible de les distinguer d’une vraie photo. La réalité augmentée prend de l’ampleur.

Aujourd’hui, le nombre d’images et de vidéos publiées n’a jamais été aussi important, et nous disposons d’outils performants pour les retoucher, les cadrer, les mettre en page et les diffuser.

Publier des images en 2020

Tout est donc devenu plus fluide, mais il reste toujours nécessaire de définir clairement les processus liés à la publication des images.

Je vous propose de passer en revue l’exemple de deux publications très différentes pour illustrer les enjeux.

L’entreprise M publie un catalogue B2C de 300 pages dont elle souhaite qu’il restitue des ambiances mettant en valeur les produits proposés. C’est assurément un très beau catalogue, qui peut être feuilleté pour le plaisir.

Pour obtenir ce résultat, les produits qui entrent dans la composition d’une double page sont regroupés, puis ensuite positionnés dans une mise en scène dessinée. Ce travail de mise en scène produit des maquettes d’intention destinées à piloter le studio photo, dont le travail est de produire des images de qualité respectant l’intention. Le studio peut alors monter des décors réels (prises de vue) et/ou monter des décors virtuels (3d) et y placer les produits selon la maquette d’intention. A l’issue de ce travail, les maquettes d’intention sont devenues des images de grande qualité, utilisées ensuite par les maquettistes pour monter les pages finales : placement des images, lettrines, descriptions, prix, etc.

On conçoit aisément qu’il importe de maitriser les flux, et notamment de bien gérer le lien entre les images d’intention et les produits représentés, puis la ou les images réelles, puis leur utilisation dans les pages. En effet, la durée de fabrication du catalogue est de plusieurs mois et donc certains produits disparaissent, d’autres apparaissent, certains sont modifiés. Une fois le processus engagé, il faut maintenir tous ces liens actifs.

Dans cet exemple, il n’y a pas de travail de cadrage des images au stade des maquettes : tout s’est joué en amont sur la préparation.

Autre exemple très différent, celui de l’entreprise C qui publie régulièrement un catalogue de 500 pages de produits dont elle souhaite que les caractéristiques techniques soient parfaitement lisibles. Dans ce catalogue, les photos des produits ne servent que de rappels, la place est laissée aux tableaux des caractéristiques. Le catalogue sert de référence pour des professionnels qui utilisent les produits dans le domaine du bâtiment. Il n’est pas là pour procurer des émotions, il doit être pratique !

Dans ce cas, le catalogue est entièrement automatisé. Les maquettistes ont défini au préalable une charte automatisée, mais ensuite les chapitres sont construits en quelques minutes à partir d’un simple clic. Pour arriver à ce résultat, toutes les images publiées ont été liées aux produits (ou aux références) dans le PIM ou via la gestion de l’offre, c’est-à-dire avant la génération des pages.

Les images ont été acquises via des prises de vues, et/ou fournies par les fournisseurs bien en amont des publications. En d’autres termes, elles ne sont certainement pas cadrées de manière optimale selon la mise en page et peut-être présentent-elles des variation de qualité. Faut-il les traiter en amont de la génération des pages, ou au contraire, les cadrer et les traiter une fois mises en page ? Si les outils permettent l’une ou l’autre des options, on conçoit aisément qu’il est souhaitable de les traiter en amont afin que ce travail ne soit réalisé qu’une seule fois au stade du produit et non à chaque publication !

Ces deux exemples sont un peu aux deux extrêmes du spectre des possibles en matière de publication, et il existe de nombreuses variations intermédiaires. Une certitude partagée par tous, la qualité des images participe pour beaucoup à la qualité des publications.

Ils illustrent en quoi il est nécessaire de disposer de bases de données souples pour caractériser l’emploi des images dans les catalogues, flyers, étiquettes, publications de fiches produits sur des bornes, sites web, etc. Il y a mille et une façons d’utiliser les images !

On a beaucoup parlé d’images, mais assez peu de vidéo : saviez-vous que les outils de réalité augmentée permettent à une image imprimée de devenir une vidéo en réalité augmentée ? J2S propose des outils pour connecter la réalité augmentée à vos imprimés, quels qu’ils soient.

Les exemples cités sont extraits d’entreprises réelles qui utilisent J2S Simple DAM et J2S Simple MOM. Ces outils coopèrent de manière fluide pour gérer les processus décrits, en lien avec votre DAM et/ou votre PIM, ou de manière autonome.

Vous voulez en savoir plus, ou souhaitez une démonstration live ?
Prenez contact avec nous : nous serons ravis d’échanger.

David Lantier
Business Developer

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[1] Peut être l’une des dernières vidéos d’un scanner rotatif en fonction : https://www.youtube.com/watch?v=0y3RdBRED50

[2] Quelques définitions !

PAO : Publication assistée par Ordinateur.

Photoshop : logiciel Adobe, la star du traitement d’image.

RVB : représentation des couleurs selon le modèle additif (Rouge, Vert, Bleu), pendant de CMJN qui représente les couleurs selon le modèle soustractif (Cyan, Magenta, Jaune, Noir). En additif, les couleurs sont « fabriquées » (par un écran d’ordinateur par exemple), en soustractif, les couleurs sont « soustraites » (de la lumière ambiante, c’est-à-dire … tout ce que vous voyez et qui n’est pas une source de lumière).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rouge_vert_bleu
https://fr.wikipedia.org/wiki/Quadrichromie

[3] Et encore quelques autres, côté imprimeur cette fois ci.

Postscript, PDF : formats de descriptions utilisés par les imprimeurs qui décrivent des pages ensuite converties en plaques (offset) ou cylindres (hélio) sous la forme de trames dont chaque point dépose un point d’encre. Si l’on parle de 300 DPI pour les pixels d’images haute résolution, les points de trames sont plutôt à 2400 DPI.

Conversion quadrichromie : une image RVB doit être convertie en CMJN pour pouvoir être imprimée. Le modèle CMJN défini un espace de couleurs plus réduit que le modèle RVB, c’est pourquoi certains imprimeurs sont équipés de presses avec plus que 4 couleurs.
https://en.wikipedia.org/wiki/Hexachrome 

Retrait sous couleur : ou comment bien utiliser l’encre noire. https://fr.wikipedia.org/wiki/Trame_(imprimerie)#:~:text=En%20imprimerie%2C%20la%20trame%20correspond,permettant%20de%20reproduire%20les%20similis

CTP, Computer to Plate : en offset, c’est le moment où les films ont disparu au profit de machines CTP capable d’imprimer directement les points de trame sur les plaques.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Computer_to_plate